En Chine, la mère de Mengzi, le grand philosophe chinois (Mencius de son nom latin) est un modèle. Par son éducation exceptionnelle, son fils a pu devenir un grand philosophe. Et actuellement encore, les jeunes parents chinois ont tous en mémoire l'histoire de Mengzi et de sa mère. Un modèle que tout le monde essaye d'imiter.
Voici, cette histoire.
Mengzi est né en Chine, au IV° siècle avant J-C, à l’époque des royaumes combattants. Son père, Mengji, un lettré plutôt malchanceux, fonctionnaire auprès du roi du royaume de Song, vécut dans la prospérité. Jusqu’au jour où, hélas, trois ans plus tard, il décéda. Il laissa sa femme, mademoiselle Qiu et son fils unique, le petit Mengzi à leur propre destin.
Mademoiselle Qiu, femme du mandarin Mengji, mère du petit Mengzi vivait dans la principauté de Tsou, (le Shandong actuel), au pied de la montagne Maan, dans un petit village nommé Fan.
Dans ce village, la vie y était paisible. La mère de Mengzi, seule, y élevait son fils. Ce dernier aimait jouer avec ses voisins, les autres enfants du village et tous ensemble s’amusaient souvent à imiter les adultes de leur entourage. A proximité de ce village, était justement un cimetière. Ce cimetière, un des plus grands de la principauté de Tsou, avait régulièrement de nouveaux locataires en ces temps difficiles et les jeunes enfants du village aimaient à regarder les fossoyeurs à l’ouvrage et les défilés endeuillés. Mengzi, quant à lui, était aux premières loges pour voir ce cortège funéraire, puisque les défilés passaient régulièrement devant sa porte.
Ce défilé de personnes vêtues de chanvre, en pleurs, se lamentant à n’en plus finir, était un spectacle très divertissant pour le petit Mengzi et ses amis. Les enfants du village se plaisaient à les imiter et avaient pour habitude de jouer aux enterrements. Les uns se taillaient des vêtements de chanvre, d’autres creusaient pour la mise en bière, d’autres encore brûlaient du papier monnaie, ou simulaient le transport du cercueil. Un jour, alors que tous les enfants du village étaient en train de jouer près du cimetière, la mère de Mengzi entendu son fils pleurer et crier. D’abord indistinctes, les paroles de Mengzi devinrent plus claires.
« Mon amour, pourquoi tu m’as laissé ? Te voilà parti maintenant, il ne reste que moi en ce bas monde ! Que vais-je faire ? Que vais-je devenir ? »
Mademoiselle Qiu se rapprocha de la voix qu’elle supposait être celle de son fils, quand elle l’aperçut, agenouillé à terre, les bras tantôt en l’air, tantôt frappant la terre avec vigueur, criant, voir même braillant pour être sûr de transmettre toute la tristesse d’un enterrement à ses amis. Il jouait à l’enterrement. Il fallait être triste et pleurer. Ce que Mengzi fit très bien, si bien que sa mère, paniquée de voir à quel genre de jeu son fils s’amusait, décida de déménager sur le champ.
Elle prépara ses bagages et empoigna son fils. Ils partirent.
Leur pas les menèrent jusqu’au village de Miaohuying. Cette fois-ci, mademoiselle Qiu, pour le bien de son fils, s’installa au centre du village. Dans une rue commerçante, très animée, où là, au moins, son fils ne jouerait pas à des jeux aussi macabres que la reconstitution d’un enterrement.
La rue animée éveilla Mengzi. Ses amis ne se lamentaient plus, ne pleuraient pas et lui ne s’agenouillait plus en criant. Mengzi, comme tous les enfants, observait son entourage. Un boucher à gauche, un marchand de légumes à droite et divers autres commerces dans la rue. Tous les jours, le jeune garçon traînait avec ses camarades et apprenait.
Et c’est ainsi qu'il observa le boucher couper du porc, les commerçants marchander et les vendeuses attirer le client à la criée. Il prit ainsi exemple sur ses voisins.
Sa mère fut alors très étonné de voir un jour son fils, jouer au marchand de viande. Imitant l’abattage du porc, puis la découpe de celui-ci et enfin ventant avec joie tous les mérites de son porc, très frais "et oui mesdames et messieurs", très frais!
Mademoiselle Qiu ne put en supporter davantage et se dit qu’il valait mieux déménager et trouver enfin un environnement plus propice à l’épanouissement et à l’éducation de son fils. Lui qui imitait si bien son entourage, il fallait lui donner un voisinage constructif. Et pas plus qu’elle ne voulait laisser son fils proche d’un cimetière, elle choisit aussi d’éloigner son fils du milieu commerçant et des petits marchandages incessants auxquels ils se livraient.
La mère de Mengzi choisit de s’installer près de l’école de la principauté de Tsou. Ici au moins, entouré d’étudiants et de sages lettrés, le jeune Mengzi serait influencé correctement pensa-t-elle. Dans tout le village, on pouvait entendre les récitations des élèves. Les lettrés de l’école et leur sagesse impressionnaient les enfants du village. Ainsi, Mengzi, avec les enfants du village, joua à étudier. Assis sous un arbre, il se courbait au-dessus d’un rouleau reconstitué à partir de brindilles et récitait ce qu’il avait appris en écoutant les élèves faire leur récitation. Avec ses camarades, ils jouaient aux discussions entre lettrés, se courbant tous aimablement les uns devant les autres, se faisant des politesses avant de s’asseoir et de s’attabler devant une tasse de thé invisible. Observant les jeux de son fils, la maman de Mengzi fut ravie. Après un long parcours, elle avait enfin trouvé un environnement favorable à son fils. Elle choisit de rester dans ce village et se mit à tisser pour gagner sa vie et permettre à Mengzi, son fils unique et orphelin de père, d’avoir la meilleure des éducations.
Hélas, Mengzi n’était qu’un enfant. Et ce qui était un environnement des plus favorables pour sa mère, n’était aux yeux de Mengzi qu’un village comme les autres où les enfants ensemble se réunissaient pour jouer. Aussi, alors que Mengzi avait déjà commencé à étudier, il fut surpris un jour par sa mère en train de s'amuser avec ses amis au pied d’un arbre plutôt que d’être sagement à l’école.
Cependant, plutôt que de le gronder immédiatement, la mère de Mengzi rentra chez elle. Toujours à son ouvrage à tisser, elle attendit la rentrée de son fils. Lorsque celui-ci rentra et s'installa à côté d’elle pour l'aider à tisser, elle prit une paire ciseaux et coupa en deux tout le morceau de tissu qu’elle avait laborieusement tissé. Toute une semaine de labeur anéantie. Face à cet étrange spectacle, Mengzi ne put que réagir.
« Mais maman, pourquoi détruisez-vous de vous-même ce magnifique tissu, tissé de vos mains? C’est de la folie ? Il vous a fallu une semaine de travaille sans relâche pour le finir. »
Et mademoiselle Qiu, répliqua alors : « Mon fils, tu es allé jouer avec tes amis cet après-midi plutôt que d’aller à l’école. Et bien, ton action est toute aussi inconsidérée que la mienne à l’instant. Ce tissu par mon tissage lent, progressif, mais laborieux et sûr, a pu devenir un tissu soyeux et solide, de bonne qualité. Il était destiné à servir de tunique confortable. Mais par mon acte irréfléchi, ce tissu est détruit, la belle tunique ne sera pas et il faudra reprendre à zéro tout mon labeur pour arriver encore une fois au même résultat.
Tout comme toi, mon fils. Les études et le savoir s’acquièrent avec un lourd labeur, beaucoup de patience, d’énergie et de concentration. Si tu choisis de t’amuser plutôt que d’étudier, alors de tout ton travail de concentration antérieur, de toute ta patience et de ta sagesse accumulées il ne te restera plus rien ! Il te faudra tout reprendre à zéro ! »
Et voilà comment la mère de Mengzi, sans punition, sans correction violente, ou colère abusive inculqua à son fils, Mengzi, toute la valeur des études. Mengzi devint ainsi très jeune, à l’âge de 15 ans, un des disciples du petit-fils de Confucius, avant de devenir lui-même un des grands maîtres de la philosophie chinoise.
vendredi 1 juin 2007
vendredi 11 mai 2007
Wenzhi, le célère médecin
Il y a fort longtemps, le royaume de Song avait la chance de compter parmi ses sujets le meilleur médecin de tout le royaume et de tous les royaumes voisins. Wenzhi était sans aucun doute non seulement le plus doué de ses confrères connaisseurs et praticiens en médecine mais également le plus soucieux de moralité. Il possédait là les deux qualités indispensables pour devenir un excellent médecin. Sa réputation n’était plus à faire et Wenzhi s’adonnait tous les jours à la pratique de la médecine pour sauver les sujets de son royaume.
Le royaume de Qi était le royaume voisin à celui de Song. Or ce dernier était en train de vivre une tragédie, le roi était souffrant. Il avait contracté une maladie grave que tous les médecins de Qi avaient tenté de soigner, en vain. Depuis déjà des mois, sa majesté souffrait.
Alors, la cour du royaume décida de faire appel à Wenzhi, médecin au royaume de Song, leur dernier espoir ! On envoya un serviteur au royaume de Song afin de prier le fameux Wenzhi de se rendre au royaume de Qi pour examiner et soigner sa majesté le roi.
Après un long voyage, Wenzhi arriva enfin au royaume de Qi. Il ne fallait plus attendre, le roi éprouvait, avec de plus en plus de difficultés, sa maladie. Aussi, à son arrivée au royaume de Qi, Wenzhi se dirigea immédiatement dans la chambre de son altesse. Il examina le roi méticuleusement, fit un examen complet puis sortit sans un mot. Hors de la chambre, il entraîna ainsi le serviteur du roi à l’écart de la chambre, loin des murs renfermant sa majesté, qui, disait-on, possédaient des oreilles !
Et face au serviteur du roi, Wenzhi s'exprima enfin.
« La maladie de votre majesté peut être traitée. Elle n’est pas incurable. Cependant, je crois deviner et pouvoir avancer sans me tromper, que si je guéris le roi, ce sera au prix de ma vie.»
« Mais enfin, maître Wenzhi, qu’entendez-vous par là ? Qu’avancez-vous ? Comment cela serait-il possible ? Une vie contre une mort ? »
« Je m’explique. La maladie de votre majesté est une maladie du cœur qui le ronge. Cette maladie, sans cesse refoulée par le roi, le détruit maintenant physiquement. Cependant, une simple grosse colère pourrait soulager la pression qui fait son mal intérieur. Ce mal remonterait à la surface et ne le rongerait ainsi plus de l’intérieur. Mais si je provoque la colère de votre majesté, alors il m’en coûtera la vie. »
« Oh, il en est ainsi. » commença à répondre le serviteur de l’empereur.
« Mais monseigneur» reprit celui-ci «nous ne pouvons continuer à laisser souffrir notre roi. Il faut malgré tout le soigner au plus vite. Soignez-le, et je vous donne ma parole que moi-même premier serviteur du roi et son altesse la reine, la mère du royaume interviendront en votre faveur auprès de sa majesté. Ainsi il ne vous arrivera rien. Soyez sans crainte!»
« Bon » puisqu’il en est ainsi, pour votre cœur fidèle et noble et parce que mon traitement est désormais connu de vous et sera connu de votre majesté et votre altesse la mère du royaume, je vais alors pouvoir commencer à examiner votre roi.»
La date et l’heure exactes de la visite choisis par le médecin Wenzhi pour examiner sa majesté de Qi furent communiquées par le serviteur au roi. Mais contrairement à ce qu’il était convenu, Wenzhi s’excusa trois jours durant, prétextant diverses raisons sans fondements. Le quatrième jour, Wenzhi se présenta enfin à la cour.
Ce jour-là, Wenzhi se dirigea directement dans la chambre du roi, et s’en prendre la peine de le saluer dignement comme il se doit selon les usages, ni même sans respecter la politesse de retirer ses souliers avant de consulter un malade sur son lit, il grimpa sur le lit de sa majesté, foula de ses pieds chaussés de souliers crasseux les vêtements royaux et feignit de consulter sa majesté sans prendre la peine de l’examiner réellement.
Bien sûr, sa majesté qui avait déjà attendu trois jours la visite de ce célèbre médecin, eut tout d’abord sa colère apaisée par la bonne nouvelle de la venue de Wenzhi. Mais lorsque le roi eut assisté au spectacle désastreux de la consultation de Wenzhi, lorsqu’il fut suffisamment maltraité par ce médecin insolant, tout d’abord stupéfait, tout à coup sa colère éclata !! Un torrent d’injures jaillit du cœur de sa majesté et mieux que tous les traitements et piqûres qu’il avait eu auparavant, ces injures l’avait guéri. Il était guéri. Un miracle !!
Cependant, la colère était plus forte. Il ne pouvait oublier toute l’humiliation qu’il avait subi, lui sa majesté le roi ! Non il ne pouvait accepter un tel comportement de la part d’un sujet dans son royaume ! Et malgré l’intervention de son plus fidèle serviteur et de son épouse, son altesse royale, pour épargner Wenzhi, le roi de Qi ne pouvait accepter ce comportement ! Cela dépassait son entendement!
Alors Wenzhi fut emprisonné! Les prières et les supplications de sa cour ne pouvant être d’aucun recours à Wenzhi.
Il fut mené à la torture pratiquée à l’époque: torturé au chaudron.
Cependant, face au roi toujours dévisagé par la colère, Wenzhi resta fidèle à sa médecine, et ses dernières paroles furent pour le roi :
« J’ai agi comme je l’ai fait par devoir. Mes méthodes sont justes et loyales envers la pratique de la médecine. Le traitement de la maladie fut exposé avant d’être réalisé. Tout dans ma pratique fut en accord avec l’exercice de la médecine. Alors, tuez-moi, je n’ai pas de regret!».
Le roi ne put en entendre davantage, furieux, il ordonna la mort de Wenzhi.
Le royaume de Qi était le royaume voisin à celui de Song. Or ce dernier était en train de vivre une tragédie, le roi était souffrant. Il avait contracté une maladie grave que tous les médecins de Qi avaient tenté de soigner, en vain. Depuis déjà des mois, sa majesté souffrait.
Alors, la cour du royaume décida de faire appel à Wenzhi, médecin au royaume de Song, leur dernier espoir ! On envoya un serviteur au royaume de Song afin de prier le fameux Wenzhi de se rendre au royaume de Qi pour examiner et soigner sa majesté le roi.
Après un long voyage, Wenzhi arriva enfin au royaume de Qi. Il ne fallait plus attendre, le roi éprouvait, avec de plus en plus de difficultés, sa maladie. Aussi, à son arrivée au royaume de Qi, Wenzhi se dirigea immédiatement dans la chambre de son altesse. Il examina le roi méticuleusement, fit un examen complet puis sortit sans un mot. Hors de la chambre, il entraîna ainsi le serviteur du roi à l’écart de la chambre, loin des murs renfermant sa majesté, qui, disait-on, possédaient des oreilles !
Et face au serviteur du roi, Wenzhi s'exprima enfin.
« La maladie de votre majesté peut être traitée. Elle n’est pas incurable. Cependant, je crois deviner et pouvoir avancer sans me tromper, que si je guéris le roi, ce sera au prix de ma vie.»
« Mais enfin, maître Wenzhi, qu’entendez-vous par là ? Qu’avancez-vous ? Comment cela serait-il possible ? Une vie contre une mort ? »
« Je m’explique. La maladie de votre majesté est une maladie du cœur qui le ronge. Cette maladie, sans cesse refoulée par le roi, le détruit maintenant physiquement. Cependant, une simple grosse colère pourrait soulager la pression qui fait son mal intérieur. Ce mal remonterait à la surface et ne le rongerait ainsi plus de l’intérieur. Mais si je provoque la colère de votre majesté, alors il m’en coûtera la vie. »
« Oh, il en est ainsi. » commença à répondre le serviteur de l’empereur.
« Mais monseigneur» reprit celui-ci «nous ne pouvons continuer à laisser souffrir notre roi. Il faut malgré tout le soigner au plus vite. Soignez-le, et je vous donne ma parole que moi-même premier serviteur du roi et son altesse la reine, la mère du royaume interviendront en votre faveur auprès de sa majesté. Ainsi il ne vous arrivera rien. Soyez sans crainte!»
« Bon » puisqu’il en est ainsi, pour votre cœur fidèle et noble et parce que mon traitement est désormais connu de vous et sera connu de votre majesté et votre altesse la mère du royaume, je vais alors pouvoir commencer à examiner votre roi.»
La date et l’heure exactes de la visite choisis par le médecin Wenzhi pour examiner sa majesté de Qi furent communiquées par le serviteur au roi. Mais contrairement à ce qu’il était convenu, Wenzhi s’excusa trois jours durant, prétextant diverses raisons sans fondements. Le quatrième jour, Wenzhi se présenta enfin à la cour.
Ce jour-là, Wenzhi se dirigea directement dans la chambre du roi, et s’en prendre la peine de le saluer dignement comme il se doit selon les usages, ni même sans respecter la politesse de retirer ses souliers avant de consulter un malade sur son lit, il grimpa sur le lit de sa majesté, foula de ses pieds chaussés de souliers crasseux les vêtements royaux et feignit de consulter sa majesté sans prendre la peine de l’examiner réellement.
Bien sûr, sa majesté qui avait déjà attendu trois jours la visite de ce célèbre médecin, eut tout d’abord sa colère apaisée par la bonne nouvelle de la venue de Wenzhi. Mais lorsque le roi eut assisté au spectacle désastreux de la consultation de Wenzhi, lorsqu’il fut suffisamment maltraité par ce médecin insolant, tout d’abord stupéfait, tout à coup sa colère éclata !! Un torrent d’injures jaillit du cœur de sa majesté et mieux que tous les traitements et piqûres qu’il avait eu auparavant, ces injures l’avait guéri. Il était guéri. Un miracle !!
Cependant, la colère était plus forte. Il ne pouvait oublier toute l’humiliation qu’il avait subi, lui sa majesté le roi ! Non il ne pouvait accepter un tel comportement de la part d’un sujet dans son royaume ! Et malgré l’intervention de son plus fidèle serviteur et de son épouse, son altesse royale, pour épargner Wenzhi, le roi de Qi ne pouvait accepter ce comportement ! Cela dépassait son entendement!
Alors Wenzhi fut emprisonné! Les prières et les supplications de sa cour ne pouvant être d’aucun recours à Wenzhi.
Il fut mené à la torture pratiquée à l’époque: torturé au chaudron.
Cependant, face au roi toujours dévisagé par la colère, Wenzhi resta fidèle à sa médecine, et ses dernières paroles furent pour le roi :
« J’ai agi comme je l’ai fait par devoir. Mes méthodes sont justes et loyales envers la pratique de la médecine. Le traitement de la maladie fut exposé avant d’être réalisé. Tout dans ma pratique fut en accord avec l’exercice de la médecine. Alors, tuez-moi, je n’ai pas de regret!».
Le roi ne put en entendre davantage, furieux, il ordonna la mort de Wenzhi.
vendredi 20 avril 2007
L'arbre à sapèques
Voici la légende de l'arbre à sapèques
Il y a déjà fort longtemps, dans la Chine ancienne, la légende parlait d’un arbre à sapèques. L’arbre de la fortune. Cet arbre se trouvait au sommet de la plus haute montagne de Chine. Avant de pouvoir atteindre cet arbre et de l’admirer avec toutes ses sapèques, ses pièces d’or et d’argent, il fallait gravir un versant de montagne très abrupt. Mais une fois arrivé au sommet, alors la fortune s’offrait à celui qui le secouerait.
Secouer l’arbre une première fois et des sapèques tomberont, disait la légende.
Une deuxième fois et de l’argent tu récolteras, affirmait toujours cette légende.
Et à la troisième fois, des lingots d’or tu auras.
Hélas, cet arbre à sapèques était capricieux. L’arbre se trouvait certes au plus haut sommet de la montagne de Chine, mais il lui arrivait aussi de disparaître. Ses apparitions étaient ainsi exceptionnelles. L’arbre à sapèques se faisait rare, si bien que les habitants du village sur le versant de la montagne se rendaient souvent au sommet de cette dernière, pour y guetter son apparition. Mais en vain. Cet arbre n’était qu’une légende dans le cœur de ceux-ci. Et les plus jeunes n’y croyaient même plus. Depuis des générations et des générations, personne n’avait aperçu cet arbre. C’est ainsi que même le plus avare des avares du village, le dénommé Huang, avait renoncé à ce rêve de voir un jour l’arbre à sapèques.
Quand une année, le premier jour de cette année exactement, un rayon lumineux argenté et doré jaillit de la montagne. Un halot lumineux, féerique enveloppait le sommet de la montagne. Scintillant, miroitant, le sommet attira les regards des habitants. Et par cette froide matinée d’hiver, la lueur dorée vint réchauffer le cœur des habitants. Tous savaient que cette lueur n’était autre que le rayonnement des branches de l’arbre à sapèques !
Tous les habitants, en cœur, et encore plus joyeusement qu’ils auraient souhaité les bons vœux à leurs voisins, s’écrièrent « l’arbre à sapèques, l’arbre à sapèques ! Il est apparu ! Il est apparu ! Venez voir ! Il est apparu ! ». Tous effaré, en plein rêve, en train de vivre une légende qu’ils avaient entendu se répandre dans la bouche des anciens, tous rester là, debout, à observer cette lueur. La bouche ouverte, ébahis, tous commençaient à rêver de ce qu’ils allaient pouvoir faire avec leur or.
Aussi, à cette grande nouvelle, Huang le vieil avare, ayant depuis longtemps projeté ce périlleux voyage au sommet de la montagne, ne resta pas à rêvasser comme ses voisins. En quelques secondes, il rassembla des vivres, noua son baluchon rempli de vivres autour d’un bâton et sans prévenir personne, avec son paquetage sur l’épaule, prit la route ; direction, le sommet de la montagne, où se trouvait l’arbre à sapèques.
Huang, l’avare, motivé par les promesses de la légende de l’arbre à sapèques, défia tous les périls de la nature. Versant abrupt, escarpé, difficile à escalader, rien ne lui résista. En effet, la vision de tout cet or, la pensée de savoir qu’un arbre produisant de l’or l’attendait en haut de la montagne, eu raison de la pente. Courageux, motivé, il brava tous les dangers, affronta les pires escarpes. Dix jours de calvaires plus tard, il atteignit enfin le sommet de la montagne.
Il était là, en face de lui, l’arbre à sapèques scintillant, dans toute sa splendeur, argenté, doré miroitant !!!
Le vieillard, le cœur affolé, se répétait à lui-même, en sourdine pour être sûr que personne ne l’entende : « Je l’ai trouvé ! Je l’ai trouvé ! Je l’ai trouvé ! » Et comme un fou, il se précipita au pied de l’arbre. Il l’embrassa de toutes ses forces, le serra dans ses bras et au plus vite le secoua sans relâche de toutes ses forces.
« Giling, giling, giling… »
Et comme l’avait prédit la légende, de cet arbre tomba des sapèques. Le sol en fut recouvert.
« Quoi, mais ce ne sont que des vulgaires sapèques. Qu’est-ce que j’en ferai moi de cet argent qui n’est même pas véritable. Moi je veux de l’argent ! Du vrai !»
Alors, il entoura l’arbre de ses bras, le serra à nouveau et le secoua de toutes ses forces. Et oh merveille ! De l’argent, blanc, brillant argenté, tomba de l’arbre. Le sol en fut couvert, un tapis blanc, étincelant, comme lorsque la neige recouvre le sol montagneux, un paysage splendide.
Mais le vieux Huang, ne put se contenter de cet argent. Sachant que l’arbre à sapèques était aussi réputé pour donner de l’or, après avoir obtenu l’argent désiré, il voulait aussi l’or de l’arbre. Alors, il reprit l’arbre entre ses bras et le secoua encore trois fois et de toutes ses forces. Comme prévu, à la troisième fois, l’arbre à sapèques lui donna tout l’or qu’il possédait. Le sol, jaune, doré, miroitant était recouvert d’or.
Le vieux Huang, au milieu de tous ces lingots, se dit que grâce à cet arbre, il pourrait enfin devenir l’homme qu’il avait rêvé d’être, l’homme le plus riche du monde. Plus riche encore que l’empereur lui-même. Pourquoi se contenter de ces quelques lingots alors que l’arbre à sapèques était encore là, à disposition pour lui fournir la plus grande fortune du monde ! Non il n’allait pas s’arrêter là. Il fallait encore le secouer l’arbre à sapèques !
Il le serra dans ses bras, le secoua de toutes ses forces tout en rêvant de ses lingots, quand une pluie de lingots le frappa. Son corps fut meurtri par les lingots. Une averse de lingots était en train de l’abattre. Le vieillard heureux parmi son or ne pouvait se résigner à lâcher le tronc de l’arbre à sapèques et continuait ainsi à secouer. Il secouait, secouait!!
Quand tout à coup, un grand bruit se fit entendre, comme si le ciel s’était écrasé sur la terre. Au pied de l’arbre, une grande crevasse se forma. L’arbre à sapèques toujours dans les bras du vieil avare se renversa et le vieux Huang fut pris au piège sous celui-ci. Il était immobilisé. Plus un geste, il ne pouvait plus rien faire. Là, étendu dans la crevasse, perdu au milieu des lingots. Puis les sapèques, l’argent et les lingots progressivement s’effacèrent de la vue du vieillard, tout disparut.
Et c’est ainsi que pour son rêve, son rêve de faire fortune, il avait perdu sa vie ! Au prix de sa vie, il avait tenté son rêve de richesse.
Il y a déjà fort longtemps, dans la Chine ancienne, la légende parlait d’un arbre à sapèques. L’arbre de la fortune. Cet arbre se trouvait au sommet de la plus haute montagne de Chine. Avant de pouvoir atteindre cet arbre et de l’admirer avec toutes ses sapèques, ses pièces d’or et d’argent, il fallait gravir un versant de montagne très abrupt. Mais une fois arrivé au sommet, alors la fortune s’offrait à celui qui le secouerait.
Secouer l’arbre une première fois et des sapèques tomberont, disait la légende.
Une deuxième fois et de l’argent tu récolteras, affirmait toujours cette légende.
Et à la troisième fois, des lingots d’or tu auras.
Hélas, cet arbre à sapèques était capricieux. L’arbre se trouvait certes au plus haut sommet de la montagne de Chine, mais il lui arrivait aussi de disparaître. Ses apparitions étaient ainsi exceptionnelles. L’arbre à sapèques se faisait rare, si bien que les habitants du village sur le versant de la montagne se rendaient souvent au sommet de cette dernière, pour y guetter son apparition. Mais en vain. Cet arbre n’était qu’une légende dans le cœur de ceux-ci. Et les plus jeunes n’y croyaient même plus. Depuis des générations et des générations, personne n’avait aperçu cet arbre. C’est ainsi que même le plus avare des avares du village, le dénommé Huang, avait renoncé à ce rêve de voir un jour l’arbre à sapèques.
Quand une année, le premier jour de cette année exactement, un rayon lumineux argenté et doré jaillit de la montagne. Un halot lumineux, féerique enveloppait le sommet de la montagne. Scintillant, miroitant, le sommet attira les regards des habitants. Et par cette froide matinée d’hiver, la lueur dorée vint réchauffer le cœur des habitants. Tous savaient que cette lueur n’était autre que le rayonnement des branches de l’arbre à sapèques !
Tous les habitants, en cœur, et encore plus joyeusement qu’ils auraient souhaité les bons vœux à leurs voisins, s’écrièrent « l’arbre à sapèques, l’arbre à sapèques ! Il est apparu ! Il est apparu ! Venez voir ! Il est apparu ! ». Tous effaré, en plein rêve, en train de vivre une légende qu’ils avaient entendu se répandre dans la bouche des anciens, tous rester là, debout, à observer cette lueur. La bouche ouverte, ébahis, tous commençaient à rêver de ce qu’ils allaient pouvoir faire avec leur or.
Aussi, à cette grande nouvelle, Huang le vieil avare, ayant depuis longtemps projeté ce périlleux voyage au sommet de la montagne, ne resta pas à rêvasser comme ses voisins. En quelques secondes, il rassembla des vivres, noua son baluchon rempli de vivres autour d’un bâton et sans prévenir personne, avec son paquetage sur l’épaule, prit la route ; direction, le sommet de la montagne, où se trouvait l’arbre à sapèques.
Huang, l’avare, motivé par les promesses de la légende de l’arbre à sapèques, défia tous les périls de la nature. Versant abrupt, escarpé, difficile à escalader, rien ne lui résista. En effet, la vision de tout cet or, la pensée de savoir qu’un arbre produisant de l’or l’attendait en haut de la montagne, eu raison de la pente. Courageux, motivé, il brava tous les dangers, affronta les pires escarpes. Dix jours de calvaires plus tard, il atteignit enfin le sommet de la montagne.
Il était là, en face de lui, l’arbre à sapèques scintillant, dans toute sa splendeur, argenté, doré miroitant !!!
Le vieillard, le cœur affolé, se répétait à lui-même, en sourdine pour être sûr que personne ne l’entende : « Je l’ai trouvé ! Je l’ai trouvé ! Je l’ai trouvé ! » Et comme un fou, il se précipita au pied de l’arbre. Il l’embrassa de toutes ses forces, le serra dans ses bras et au plus vite le secoua sans relâche de toutes ses forces.
« Giling, giling, giling… »
Et comme l’avait prédit la légende, de cet arbre tomba des sapèques. Le sol en fut recouvert.
« Quoi, mais ce ne sont que des vulgaires sapèques. Qu’est-ce que j’en ferai moi de cet argent qui n’est même pas véritable. Moi je veux de l’argent ! Du vrai !»
Alors, il entoura l’arbre de ses bras, le serra à nouveau et le secoua de toutes ses forces. Et oh merveille ! De l’argent, blanc, brillant argenté, tomba de l’arbre. Le sol en fut couvert, un tapis blanc, étincelant, comme lorsque la neige recouvre le sol montagneux, un paysage splendide.
Mais le vieux Huang, ne put se contenter de cet argent. Sachant que l’arbre à sapèques était aussi réputé pour donner de l’or, après avoir obtenu l’argent désiré, il voulait aussi l’or de l’arbre. Alors, il reprit l’arbre entre ses bras et le secoua encore trois fois et de toutes ses forces. Comme prévu, à la troisième fois, l’arbre à sapèques lui donna tout l’or qu’il possédait. Le sol, jaune, doré, miroitant était recouvert d’or.
Le vieux Huang, au milieu de tous ces lingots, se dit que grâce à cet arbre, il pourrait enfin devenir l’homme qu’il avait rêvé d’être, l’homme le plus riche du monde. Plus riche encore que l’empereur lui-même. Pourquoi se contenter de ces quelques lingots alors que l’arbre à sapèques était encore là, à disposition pour lui fournir la plus grande fortune du monde ! Non il n’allait pas s’arrêter là. Il fallait encore le secouer l’arbre à sapèques !
Il le serra dans ses bras, le secoua de toutes ses forces tout en rêvant de ses lingots, quand une pluie de lingots le frappa. Son corps fut meurtri par les lingots. Une averse de lingots était en train de l’abattre. Le vieillard heureux parmi son or ne pouvait se résigner à lâcher le tronc de l’arbre à sapèques et continuait ainsi à secouer. Il secouait, secouait!!
Quand tout à coup, un grand bruit se fit entendre, comme si le ciel s’était écrasé sur la terre. Au pied de l’arbre, une grande crevasse se forma. L’arbre à sapèques toujours dans les bras du vieil avare se renversa et le vieux Huang fut pris au piège sous celui-ci. Il était immobilisé. Plus un geste, il ne pouvait plus rien faire. Là, étendu dans la crevasse, perdu au milieu des lingots. Puis les sapèques, l’argent et les lingots progressivement s’effacèrent de la vue du vieillard, tout disparut.
Et c’est ainsi que pour son rêve, son rêve de faire fortune, il avait perdu sa vie ! Au prix de sa vie, il avait tenté son rêve de richesse.
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